Je n'ai pas éteint la lumière hier soir
Par Arnaud le dimanche 29 mars 2009, 08 h 00 - Lien permanent
Hier soir, 28 mars, avait lieu une opération dite "Extinction des
lumières : une heure pour la planète", à l'initiative du WWF et relayée
par bon nombre d'associations et de collectivités.
Voir http://www.earthhour.fr/ (site en
Flash, avec liens non visibles, ouverture des liens en pop-up donc bloqués par
Firefox, bref un site qui ne respecte pas les standards ouverts du web, mais ce
n'est pas la question).
Pourquoi je n'ai pas répondu positivement à l'appel ?
Je n'ai pas la prétention d'être sans reproche et de n'avoir de leçon à
recevoir de personne.
J'inscris comme tout un chacun une empreinte écologique.
Notamment, je roule dans un antique véhicule automobile tournant au gazole, et
polluant probablement plus que la plupart des véhicules modernes (encore qu'il
m'arrive d'en douter quand je vois ce qui sort parfois de pots de véhicules
récents).
Ceci est probablement le point noir de mon comportement vis-à-vis de
l'environnement, et je ne désespère pas de l'améliorer un jour, pourvu qu'on ne
me demande pas de remplacer mon véhicule par un concentré de technologique
inaccessible, plus lourd encore que mon actuelle voiture, et composé de
matériaux extraits dans des conditions douteuses à l'autre bout du monde (et en
écrivant ces lignes, je rigole déjà doucement).
Sur les autres points, je le dis sans fausse modestie, je pense qu'au
quotidien mon foyer est très exemplaire.
Nous nous alimentons essentiellement en bio, et surtout (c'est le plus
important en fait), en privilégiant légumes et fruits de saison, producteurs
locaux, produits non manufacturés.
Nous participons au recyclage de nos déchets, d'une part en en en produisant
peu (un autre avantage des produits non manufacturés), d'autre part en
utilisant un composteur ainsi que les sacs jaunes de la communauté de communes.
Ainsi, notre démarche nous conduit à ne jeter dans le container tout venant
quasiment que des films plastiques et des papiers gras, et donc à le sortir
moins d'une fois par mois.
Nous disposons de toilettes à litière bio-maîtrisée qui, outre la satisfaction
d'échapper au non-sens agronomique que constitue l'épuration en station, nous
permettent une économie de l'ordre du tiers de notre facture d'eau potable, par
rapport à un foyer équipé de toilettes à chasse d'eau. Vous en doutez ?
Comptez le nombre de fois où vous tirez la chasse sur une journée moyenne,
multipliez pas 10 à 15 litres, puis par 365 jours, et rapportez à votre
consommation annuelle.
Quasiment toutes les ampoules électriques de la maison ont progressivement été
remplacées par des ampoules à basse consommation d'énergie, et je teste
quelques éclairages à diodes, dont la consommation est encore moindre.
Je refuse catégoriquement le chauffage électrique, qui est une gabegie du point
de vue de la politique énergétique d'un pays.
L'hiver, nous nous chauffons à 17°C, oui, vous avez bien lu, au risque de
passer pour un paria auprès de mes amis, ceux-là même qui viennent m'expliquer
qu'en éteignant la lumière pendant une heure (donc qui ont fait hier soir une
économie sur leur consommation annuelle de l'ordre de 0,005%), ils font un
geste pour la planète. Ce alors qu'une réduction d'un seul degré sur une
température de chauffage permet des économies substantielles au quotidien (de
l'ordre de plusieurs points de pourcentage).
Comme je fais des efforts chaque jour qui passe, je n'ai toujours pas compris
l'intérêt de suivre une opération dont les initiateurs eux-mêmes ne cachent pas
la portée "symbolique".
Alors non, hier soir, je n'ai pas éteint la lumière.
Et pour enfoncer le clou, nous avons mangé une raclette, en allumant ainsi un
appareil électrique consommant probablement plusieurs fois l'énergie nécessaire
à l'éclairage de plusieurs foyers.
Ah, mais ce n'était pas de la lumière, alors j'avais le droit...