Non, c'est en France, plus précisément à Mayotte, dans un des centres de rétention de la République, celui où sont placés les Anjouanais, dans l'attente de leur expulsion vers leur point de départ.
Précisons qu'Anjouan et Mayotte sont deux îles distantes de 70 km, et qu'elles ont forcément des attaches (liens culturels, familles séparées).
Il semble que 16000 des 26000 expulsés de France chaque année transitent par là.
Vous avez bien lu : plus de la moitié des expulsions hors du territoire français ont lieu entre deux îles moins éloignées que ne le sont deux préfectures de métropole.
Une gabegie à tous points de vue, humain comme économique.
Mais si c'est bon pour les statistiques du Ministère de l'Immigration...

Sources :
Les images pour le dire, chez Eolas
Centre de rétention de Mayotte: la vidéo qui accuse

Edit 19 déc. 12h50 : je rajoute cette source : le rapport de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité, en date du 14 avril 2008, saisie par M. Etienne Pinte, député UMP, et Mme Nicole Borvo, sénatrice PCF (pdf, document publié par le GISTI)
Prenez le temps de le lire.

Je venais pour la première fois à Mayotte. J'ai pris le kwassa-kwassa toute seule pour rejoindre mon père. Depuis, je vis avec mon père. Je ne vais pas à l'école. J'aimerais y aller.

(R.B, moins de 15 ans, rescapée d'une collision en mer avec une vedette de la Police Aux Frontières)

13h30 :
On y lit aussi plusieurs témoignages de personnes qui attestent avoir déjà été expulsées deux ou trois fois.
On y apprend enfin (page 9 du document, 10 du pdf) qu'un bateau privé dénommé la Maria Galanta (quel joli nom !), assure trois fois par semaine l'acheminement d'environ quatre-vingt personnes de Mayotte à Anjouan.
Le prof de maths que je suis ne peut pas s'empêcher de faire le calcul suivant :
52 semaines x 3 fois x 80 personnes = 12480 personnes
Ainsi près de la moitié des expulsions ordonnées par la République seraient assurées par une seule compagnie, sur une ligne probablement régulière. Voilà assurément une activité rentable et pleine d'avenir.
On est en tout cas bien loin de l'image de l'expulsion véhiculée en métropole.
On sera aussi bien en peine de nous expliquer en quoi ces expulsions présentent un caractère impérieux.