Aux yeux de nombreux commentateurs, hommes politiques notamment, ce dérapage serait donc normal pour un citoyen inconnu, au simple motif qu'il est suspecté d'un quelconque délit, et alors qu'il n'est même pas encore mis en examen (et donc, rappelons-le même si cela devrait être évident, présumé innocent).
À bien y regarder, il est pourtant choquant d'imaginer qu'une si simple procédure puisse déraper pour tout un chacun.
Comment notamment les forces de polices peuvent-elles embarquer un citoyen sans lui avoir présenté un mandat d'amener ?
Comme peuvent-elles considérer que ce mandat d'amener leur permet de procéder à une fouille corporelle poussée sans mandat de perquisition ?
Pourquoi, face à des personnes qui réagissent vivement (et on peut le comprendre), se permettent-elle de les traiter de "racailles" alors qu'il est si simple de leur dire "nous faisons notre travail, calmez-vous et tout se passera bien" ?

De telles pratiques, qui semblent pourtant être usuelles quand il s'agit de citoyens ordinaires, ne sont pas dignes de la France et évoquent plutôt une république bananière.
Cette fois encore, c'est la médiatisation de l'affaire qui va faire bouger les choses. Dès que les rangs se seront resserrés dans le gouvernement, nous risquons de le voir sortir une fois de plus une annonce choc pour calmer les esprits (allez, je me lance dans les paris : un projet de loi visant à insérer des mini-caméras dans les brassards des forces de l'ordre).
Si débat à l'assemblée il y a, il interviendra après la trêve des confiseurs, quand tout le monde aura tout oublié.
L'affaire sera enterrée, et à nouveau, au moindre écart de conduite, les sauvageons auront à nouveau la joie de se faire palper afin de vérifier qu'ils ne cachent pas un autoradio volé dans leur intimité.

Je recommande vivement :

  • pour l'argumentation juridique : Eolas, si le droit vous rebute, lisez au moins la conclusion,
  • pour le coup de gueule salutaire : Authueil (attention, blogueur de droite inside).